un bassin récupérateur d'eau de pluie

PRESENTATION GEOGRAPHIQUE

- « Un ruisseau appelle vulgairement la rivière de Marigny qui prend sa source dans l'étang de Montmury …, passe à six cens pas de mon village du levant au couchant et se jette dans la Brebince à une lieue de mon village au couchant tirant un peu au nord ouest. » Réponse du curé de Marigny pour servir à la carte de Cassini, 1754.

bassin versant La situation géographique de la rivière de Marigny se définit simplement ainsi : bassin de Loire, rivière de Bourbince dont elle est un affluent, orientée sud-est / nord-ouest et alimentée par une multitude de ruisseaux qui descendent des monts environnants Montchevrier, Montferroux, Mont-St-Vincent, Bois de Chaleutre, Ragy, Dieulegard, Montaufin etc. La rivière de Marigny serpente à une hauteur moyenne de 310 m, au fond d’une cuvette de 54 km², dont les bords s’élèvent souvent à plus de 450 m pour recueillir, quelque année pluvieuse, 10 000 m3d’eau de pluie.

ligne de partage pancarte

Elle est la prime rivière du bassin de Loire puisque la ligne de partage des eaux Atlantique/ Méditerranée tutoie les sommets de Dieulegard à la Borne Blanche de Ragy, plonge sur Torcheville (le point le plus bas situé à 363,8 m) puis grimpe en direction du GR7 pour suivre la ligne des crêtes de Collonges-en-Charolais au Mont-Saint-Vincent.

 

Répartition des surfaces

en km² Surface imperméable Surface en forêts Surface en terre Surface en prairie Surface Totale
Bassin versant 2,78 8,15 10,84 32,18 54
Commune de Marigny 1,15 3,37 4,48 13,3 22,3

 

Volume d'eau précipitée (pour 1mm d'eau): Vp=54 m3 d'eau

Volume d'eau de ruissellement: 11 m3

  Cr Vp en m3 V ruissellement en m3
Bois 0,1 8,15 0,815
Prairie 0,15 32,18 4,827
Culture 0,2 10,84 2,168
Zone revêtues & imperméables 1 2,78 2,78


Soit un volume  total de 10,59 m3 pour 1 mm de précipitation qui ruisselle directement dans la Bourbince avec un écoulement moyen de 5 à 8 l/s/km².

Les inondations ont bien lieu à l'embranchement du ruisseau de la Queue de Boeuf et de la rivière de Marigny (indice de Strahler: 3), ce qui fait monter les eaux jusqu'à passer le chemin du moulin de Marigny régulièrement plusieurs fois l'an.

Afin de mesurer l'impact des  actions de l'homme (défrichage, suppression des haies, revêtement de cour ou de routes...) voici le tableau des valeurs du coefficient de ruissellement pour différentes couvertures du sol. Plus les surfaces dont le Cr est fort augmentent, plus les inondations risquent d'être violentes

(Tiré des normes suisses SNV 640 351)

Nature superficielle du bassin versant

Coefficient de ruissellement Cr

Bois

0,1

Prés, champs cultivés

0,2

Vignes, terrains nus

0,5

Rochers

0,7

Routes sans revêtement

0,7

Routes avec revêtement

0,9

Villages, toitures

0,9

ligne de partage hydro final

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une rivière tumultueuse

Jusqu’au XIXème siècle, le territoire de Marigny est régulièrement coupé en deux par une rivière torrentielle qui rend dangereuse voire impraticable la communication entre les deux rives lors des grandes inondations d’hiver. Des fondrières (sables mouvants) rendent les chemins dangereux (nous en avons localisé certaines au cours de cet hiver 2013).

« Il est a remarquer que dans ce pays cy il n’y a que les chemins qui desservent les communautés qui dans les tems de pluie et d’hiver sont impraticables et souvent fort dangereux aux voyageurs a cause des fondrières qui sy trouvent, le terrein étant un sable mouvant, et des creux que forment les eaux qui y séjournent. De plus sur le ruisseau dont jay parlé, il ny a que des arbres qui servent de pont les cavaliers étant obligés de passer ledit ruisseau au guay ce qui les exposent a périr, lorsquil tombe une pluie un peu abondante, parce que les eaux qui coulent de toutes les montagnes voisines, forment un torrent rapide qui emmènent toutes les planches qui sont placées sur ledit ruisseau ce qui empêche la desserte des hameaux qui sont audelà. » note du curé de Marigny pour servir à la carte de Cassini 1754 (ADCO 3531, fo. 563 à 565).

Longtemps les ponts sont inexistants et on doit franchir la rivière à gué ou sur des planches de fortune. Chaque printemps le « Conseil général de la communauté » organise l’entretien et la réfection des chemins. Après les intempéries, il est d’usage et d’obligation, pour les habitants, de donner trois jours de labeur, par an et par feu, pour empierrer les routes, combler les fondrières et reconstruire les planches qui ne « durent pas ».

« Les planches » sont des passerelles rudimentaires, en bois, placées sur les grands chemins pour franchir la rivière. Nous avons retrouvé, dans les archives de la commune, la liste des planches jetées sur celle de Marigny dans les années 1840 – 1850 :

La Planche allant de Tramaille au Collombier , la Planche allant de Marigny à Tramaille , la Planche allant de Marigny à Chaumaux , la Planche allant de Marigny à Boucansaud et Ragy, et la Planche allant de Marigny au hameau des Buissons et Montchanin

Les planches simples permettent de traverser à pied sec, les cavaliers et les charrois empruntant le gué. Plus élaborées, montées sur des chevalets, elles permettent aux chars, charrettes et voitures de traverser.

carte des planches