Quelques points de repère sur la mesure du temps

Les romains ont introduit les heures temporaires en Gaule et elles ont subsisté en France jusqu’au XIVème siècle.
Le jour était divisé en 12 parties égales, quelque soit la saison. Or le soleil ne reste pas aussi longtemps au dessus de l’horizon en été ou en hiver. En été on divise les 16 heures de soleil par 12 (1h pour l’aube, 10h de jour, 1h de crépuscule) pour obtenir la durée d’une heure temporaire de 1h 20. En hiver, ce sont 8 heures de soleil qui sont divisées par 12, soit une heure temporaire de 40 minutes.

Dans les textes anciens on parle, par exemple, de la sixième heure pour désigner le midi et ces heures à durée variable ont été utilisées jusqu’à la fin du moyen âge.
On connaissait l’heure grâce aux gnomons (bâtons plantés verticalement au sol), ou grâce aux cadrans solaires issus du « merket » égyptien. Le cadran indique l’heure solaire. Ses complémentaires mesurent la durée. Ce sont : la clepsydre appelée encore « la voleuse d’eau », la bougie graduée, le sablier qui n’est qu’une « clepsydre d’hiver » utilisée dans le nord là ou l’eau gèle, ou le « verre à sermon » qui contrôle la durée du prêche.

Ces obélisques, gnomons ou cadrans sont utilisés comme instruments de la vie civique. Le temps demeure l’affaire des clercs qui sont largement dépositaires de ce qui apparaît comme un mystère céleste et il est collectif, social.

Sénèque fait observer « il est aussi difficile à Rome de mettre d’accord les « horlogia ex aqua » que les philosophes », la mode fait fureur au point que l’on parle de montres portées aux poignets. Il s’agit en fait d’un anneau percé d’un trou qu’il suffisait d’orienter vers le soleil, et dont la paroi intérieure graduée était frappée de l’ombre d’un rayon lumineux. Guère précis, mais marque d’aisance sociale, raillée par Plaute : « Les dieux confondent l’homme qui le premier trouva le moyen de distinguer les heures !… Lorsque j’étais enfant, mon cadran était mon ventre, combien plus sûr et plus précis que tous ceux d’aujourd’hui».

 C’est le soleil, dieu grec, romain ou chrétien qui donne l’heure et le gnomon (qui mesure les heures claires et sans nuage) en est sans doute l’instrument. « Le soleil étant divin, les mesures obtenues à partir de ses rayons ont un caractère sacré ».

C’est à partir du XIIIème siècle que les horloges mécaniques se sont développées, à partir du XIVème que les Arabes, en inclinant la tige des cadrans solaires selon la latitude du lieu, en font un instrument fiable et pourtant, jusqu’au XVIIème, la clepsydre et le sablier demeurent le garde-temps le plus précis. Avec le temps mécanique, ce temps échappe à l’Eglise. Il se laïcise et s’individualise. Les dieux ne donnent plus l’heure : celle des hommes est désormais plus juste…

Le temps , le temps, le temps et rien d’autre, le tien, le mien…