les zones humides

La disparition des zones humides programmée

L'urbanisation, l'intensification des pratiques de drainage agricole, des aménagements hydrauliques inadaptés, ont fait disparaitre une grande partie des zones humides..  Eponges naturelles, elles pourraient stocker l'eau. Filtrant la pollution, ces zones pourraient emmagasiner et transformer les matières organiques et minérales, pour les retourner à l'environnement. Elles pourraient réduire l'érosion, stocker le carbone et nous protéger des crues et des sécheresses. Hélas, elles disparaissent!

Une zone humide, c'est quoi ?

On entend par zone humide, les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d'eau douce de façon permanente ou temporaire; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant une partie de l’année. Nos étangs, lagunes, marais, prairies inondables, forêts, zones humides, sont des réservoirs de vie et des lieux où la production de matières vivantes est l’une des plus fortes. L’eau est le facteur déterminant tant pour le fonctionnement de ces zones naturelles que pour la vie animale et végétale.

Un bon lit de rivière pour dormir la conscience tranquille

La ripisylve (végétation des bords de cours d’eau) préserve l’ombrage, assure la stabilité des berges, permet l’épuration de la rivière, sert de caches à poissons …

rivère

 

Le bon propriétaire riverain cure régulièrement le lit et entretient la rive. Il évite scrupuleusement les remblais qui perturbent le fonctionnement hydraulique et qui sont interdits. Pour maintenir les berges, il plante des arbres à croissance rapide et à système racinaire développé (aulnes, saules …)

rive et remblai

 

 

Les remblais le long de la rigole :

La rigole de Marigny voit régulièrement ses berges se dégrader par des remblaiements effectués par les propriétaires riverains à l'aide de divers matériaux. Ces remblais sont en effet largement inutiles car ils provoquent des érosions en amont et en aval du point de dépôt et chutent dans la rivière en période de crue.

La réglementation précise : « Les remblais de tous ordres sur les berges et dans le lit de la rivière doivent obligatoirement faire l'objet d'une déclaration ou d'une autorisation au titre de la loi sur l'eau. L'accord est attribué par le préfet après étude du dossier et enquête publique. Les remblaiements sauvages, sans déclaration ou autorisation requises préalablement, sont donc passibles de peines d'amendes ».

Impact des remblais

Mais au-delà de l'aspect purement réglementaire, les remblaiements sauvages en bord de rivière vont induire de multiples conséquences sur la vie du cours d'eau. En perturbant le fonctionnement hydraulique naturel de la rivière, ceux-ci conduisent bien souvent à aggraver les phénomènes qu'ils sont censés combattre tels que les érosions de berges ou les dérivations de méandres. Ils entraînent également une création de points durs engendrant des processus d'érosion en amont et en aval du site, une instabilité des remblais emportés à la moindre crue, le non développement d'une végétation bordière favorable au maintien de la berge, une pollution par déchets non inertes (détritus du BTP), une pollution visuelle (décharges sauvages), une contamination du site par des espèces envahissantes telles que la Renouée du Japon apportée avec les remblais et une perturbation pour la faune et la flore de rivière

 

 

Et à Marigny, l'histoire des zones humides?

 

Les étangs

A partir de la toponymie actuelle du parcellaire cadastral de Marigny, nous avons recensé 216 ha de « terres » dont les noms sont attachés à ces zones humides (« mouilles, gouilles, champ ou pré de l’étang, d’en haut ou d’en bas, prise d’eau, terre de l’eau » etc.) dont 21 ha d’étangs avérés par les documents anciens. La zone humide représente donc 9,5% de la surface communale ce qui précise l’importance des étendues aquatiques.

étang de la queue de boeufL’aménagement de ces étangs a, au Moyen Âge, transformé de façon radicale le paysage de la vallée qui est ensuite resté inchangé jusqu’aux Révolutions citoyenne et agricole des XVIIIe et XIXe siècle.

A la veille de la Révolution, les pratiques religieuses déclinent, les hygiénistes accusent les zones humides d’être pourvoyeuses de fièvres, la politique agricole considère que l’avenir est à la production de céréales et de fromage et les étangs symbolisent le privilège seigneurial… Alors on assèche de nombreux plans d’eau.

 

Pourtant, les cahiers de doléances de Marigny ne revendiquent pas, comme dans certaines autres paroisses, l’assèchement des étangs qui sera imposé par décrets du 14 frimaire an II de l’Assemblée Constituante et du 29 germinal an II du district de Charolles.

étangs des panneceaux

Malgré ces deux décrets, les étangs de Marigny qui, depuis peu, occupent une position stratégique et seront momentanément épargnés grâce au grand projet du canal du Charolais.

Ainsi seront conservés momentanément les étangs de Essarts, de Montmury, de Tramaille, de Baigny, de la Queue de Boeuf, de panneceau, de Beaussimard, du Batoir, de Marigny et du Parc (encore utilisés en 1819).

Dans l'ordre ci contre les trois principaux réservoirs: La Queue de Boeuf, Les trois étangs de Panneceau, Batoir et Beaussimard et pour finir l'étang de Marigny

étang de Marigny
Au fait savez vous que  Gérard Taverdet, dans « Les noms de lieux de Bourgogne » définit les origines du nom Marigny de la façon suivante:

Marigny (formes anciennes Mariniacus 919, et in villa Mariniaco 968) Np gallo romain Marinius ou dérivation de noms communs, ou a une racine pré latine Mader (eau), celtique Mater (eau) ou latine Materia (le bois) avec la double suffixation IN-IACI (époque romane).