Les cadrans solaires de Marigny, du plus ancien au plus récent

« L’ombre donne la lumière »

A Marigny, à partir, du XIIème siècle le cadran du clocher marque l’heure des moines. A la Renaissance, celui du château des Buissons donne l’heure au seigneur de Rochemont et en 2018, centenaire oblige, le monument aux morts servant d’obélisque,

La croix des enfants sacrifiés du devoir
Au soleil, donne l’heur’ qu’ils n’auront pas pu voir

clocher 
 Au clocher de l’église, XIIème siècle :
Il existe un vestige de cadran solaire, sur le coté est de la face sud du clocher à hauteur de la baie géminée.
C’est un cadran canonial dont le style (une courte tige métallique) était droit (horizontal). Ce cadran rudimentaire permettait aux moines de distinguer les instants précis ou les religieux doivent se retrouver pour la prière commune. Selon la règle bénédictine : matines, laudes, prime, tierce, sexte, none, vêpres et complies, les 2 premières et la dernière étant des heures de nuit.

A l’entrée du Château des buissons, XVIème siècle :
A gauche de la porte, à hauteur d’homme, sur la face sud de la tour polygonale, il existe le vestige d’un cadran solaire à circonférence complète gradué sur un demi cercle.
Il possédait vraisemblablement un style polaire (incliné selon l’axe de rotation de la terre : en fonction de la latitude), ce qui correspondrait aux connaissances astronomiques post croisades.


Et le cadran du monument (de la mairie) :
Le monument aux morts a quitté le milieu de la place du village, pour être mis en valeur devant le saule pleureur, entouré d’un buisson semi circulaire.
Il ressemble à un obélisque (du grec ancien obeliskos : « broche à rôtir ») composé de trois parties : un piédestal, un fût quadrangulaire s'amincissant vers le sommet, une cassure de la pente au sommet pour obtenir le pyramidion. Le pyramidion, très court est prolongé par une croix de guerre sur notre monument.
L’origine du nom nous dit sa forme : un pieu pour traverser l’animal à rôtir, en l’occurrence la Terre. Et ce qu’il traverse en même temps c’est le ciel, l’espace, il est une flèche pointée en direction du centre immuable de la lumière : le soleil. Il devient lui-même un rayon de soleil opaque qui inscrit, par la marque obscure de son ombre, la trace des rapports de la terre et du soleil.

Par soleil il donne l’heure, le temps, celui qui partage le jour. Voici comment le lire :

- Attendre un rayon de soleil
- Se placer à l’origine virtuelle du style (croix jaune au sol)
- Regarder la position de l’ombre de la croix du monument
- Cette ligne indique l’heure solaire locale, que les anciens appelaient « l’heure de la mairie »
- Convertir ce temps solaire local en temps légal des horloges (l’heure « de la gare »)
Pour cela il faut :
              ajouter le décalage dû à la longitude du lieu (-17mn 50 sec)
             ajouter (ou retrancher) la valeur arrondie de l’équation du temps au jour donné( voir tableau)
             et ajouter la correction administrative.

Exemple : le 5 juillet, à Marigny (longitude : 4°27’’est), si vous lisez sur le cadran 15h solaire, il sera : 15h – 17mn 50s + 5mn + 2h = 16h 47mn 10s à votre montre.
Plus simple, en arrondissant et en négligeant l’équation du temps, il faut ajouter 42mn en hiver ou 1h 42 en été à l’heure lue sur le cadran.

 Explications des corrections à apporter à la lecture

Correction due à l’Equation du temps : Pour s’affranchir de l’irrégularité du mouvement terrestre, on a inventé un soleil fictif autour duquel la terre se déplacerait sur une orbite circulaire à vitesse constante, le temps solaire vrai étant remplacé par le temps moyen de période égale à 24h.
Règle : Pour obtenir le temps moyen à partir du temps solaire il faut ajouter ou retrancher ces valeurs arrondies de l’équation du temps (en minutes), tous les 5 jours.

Correction de longitude : Quand il est midi à Marigny, il n’est que 11h 42 à Paris alors qu’il est déjà 12h 10 à Strasbourg. Le soleil culminera 18 mn plus tard à Paris. Marigny est situé à 4°27’ de longitude Est et prend 4mn d’avance par degré sur Paris.

Correction administrative :1h en hiver, 2h en été (1916, première imposition de l’heure d’été).

 En images, le principe de fonctionnement des cadrans horizontaux: