L'église St-Symphorien de Marigny dédiée également à Ste Clothilde

Clocher roman, dalles funéraires, piéta.

d’après « Histoire et monuments, Canton de Mont Saint Vincent, Tome II, Archives départementales »
, Dossier d’inventaire 5Fi 278

Situation : au bourg, dans l'enclos du cimetière communal
Epoques de construction : travée sous clocher et clocher : première moitié du XIIe siècle; chœur, chapelle Nord et nef remaniés : période flamboyante
• HISTORIQUE La paroisse de Marigny relevait, sous l'Ancien régime, du diocèse et de l'archidiaconé de Chalon, de l'archiprêtré dit de la Montagne, auquel succéda celui de Mont-Saint-Vincent.
L'église avait pour patron, depuis 1300, l'abbé de Saint-Pierre de Chalon: «au mois de mars de cette année, l'évêque de Chalon, Guillaume de Bellevesvre, cédait à l'abbaye de Saint-Pierre les églises de Ciel, Saint-Martin-en-Bresse et Marigny, avec tous leurs droits et dépendances, moyennant un droit de juridiction sur le cimetière de la Motte».
Après le Concordat, la commune de Marigny ne recouvra pas son titre de paroisse; elle devint annexe de Saint-Eusèbe, situation toujours délicate qui incita le Conseil municipal à rédiger, en 1837, une pétition pour obtenir l'érection en succursale de l'église de sa commune; on alléguait les distances qu'avaient à parcourir les ressortissants pour se rendre à Saint-Eusèbe (près de 4 kilomètres), la difficulté du chemin traversé « par un ruisseau torrentiel », l'exiguité de l'église principale qui ne pouvait réunir à la fois les fidèles de Saint-Eusèbe (environ 1.200 habitants, avec une population en constant accroissement) et ceux de Marigny (424 habitants) ; la commune de Marigny donnait l'assurance que l'église et l'ancien presbytère, que ses propriétaires acceptaient de louer à la commune, seraient remis en état. Un programme minimum de travaux fut en effet réalisé après adjudication (6 septembre 1840), selon un devis, « irrégulier », dressé par Guenard, propriétaire à Marigny (26 août 1840), qui ne paraît pas avoir été architecte de métier. Le Conseil de fabrique de Saint-Eusèbe fut long à reconnaître le bien-fondé de la demande présentée par les paroissiens de Marigny; il fallut attendre la séance du 25 septembre 1843 pour que fût, enfin, confirmé l'avis favorable donné par le Préfet de Saône-et-Loire le 28 janvier 1842. Le décret d'érection fut signé le 29 avril 1845.
C'est le ler juin de cette même année que fut installé M. Antoine Charpin, premier curé de Marigny au XIXe siècle, déjà chargé, en fait, de la desserte de l'église par l'évêque d'Autun, au mois d'avril 1841.
Le 11 novembre 1853, M. Boullay, archiprêtre de Mont-Saint-Vincent, en visite à Marigny, trouvait l'église dans un déplorable état d'abandon. Les murs intérieurs sont dégradés et malpropres; le plancher de la voûte, supporté par « des arcs de bois et saillants », est disjoint, et laisse pénétrer le froid et la neige; les trois poutres qui traversent l'église dans sa largeur « sont tout à fait inutiles et d'un très mauvais effet » (elles ont, fort heureusement, été conservées !) ; enfin, « les autels des deux chapelles sont des amas de pierres, enduits simplement de mortiers et sans garnitures, sur lesquels sont déposées trois ou quatre statues de saints, plus repoussantes les unes que les autres » (sic). Lors d'une contre-visite effectuée en 1856, les chapelles et leurs autels étaient encore dans le même état, mais les murs de l'église avaient été réparés, ainsi que le plafond. Le 27 août 1854 avait été, en effet, signée une adjudication de travaux, selon le devis présenté le 6 février précédent par Jean-Louis Saclier, architecte géomètre demeurant à Gourdon; ce dernier écrivait dans son rapport : « la toiture de l'église, par suite de la négligence apportée depuis nombre d'années à y faire aucun entretien, est tombée dans un état réclamant les plus pressantes réparations, attendu que les tuiles tombent de toutes parts » ; les travaux furent confiés à Joseph Chasserot, domicilié à Blanzy, René-Philibert Lagoutte étant maire de la commune de Marigny, sur une soumission de 639,59 francs. Le Conseil municipal votait de nouveau 300 francs, le 8 août 1869, pour la réparation de la toiture de l'église. En 1884, des réparations plus importantes furent exécutées grâce à la souscription privée ouverte par le curé, approuvée et encouragée par l'évêché.
Une restauration de l'église a été entreprise et menée à bien, par les hommes du pays sous la direction de leur prêtre desservant, l'abbé Gay. Les travaux, achevés pour la fête de Noël 1968, ont permis la mise à jour, dans le chœur et la chapelle Nord, de plusieurs niches servant d'armoires eucharistiques et de piscines; la table d'autel retrouvée servait d'emmarchement à l'autel; elle constitue le nouvel autel face au peuple. Toute la partie romane de l'église a été traitée en pierre apparente.

• DESCRIPTION L'église de Marigny n'a conservé de l'époque romane que le transept et le clocher édifié au-dessus de la croisée. L'édifice, et notamment le chœur, fut agrandi et remanié aux XV-XVIe siècles. La travée sous clocher s'inspire très indirectement de l'église de Mont-Saint-Vincent : berceau transversal contre-buté par les deux berceaux étroits et longitudinaux des croisillons; elle était délimitée primitivement par quatre arcades en plein cintre non doublées; l'arcade orientale a été sous-tendue par une arcade plus petite, en cintre brisé, lors de la reconstruction du chœur.
Le transept s'ouvre sur un chœur flamboyant, long d'une travée droite sur ogives à cavet unique, reçues par des consoles d'angle ; la clé est ornée d'un trilobé.
Le chevet est éclairé par un doublet axial à remplage, qui a conservé, dans la mouchette du sommet, un fragment de vitrail (visage de Christ, XVIe siècle ?); la crédence, au Sud, en cintre aigu à petit lobe intérieur, et l'armoire à accolade ménagée dans le mur de chevet, à gauche de la fenêtre, ont été remises à jour lors de la restauration récente de 1968. Selon Mme Dickson, les impostes de l'arc triomphal, « dont les cavets sont ornés de deux cartouches en relief l'un sur l'autre », proviendraient d'un remploi (?) Au Nord de la nef, remaniée à l'époque gothique, chapelle carrée à ogives amincies dans la masse (XVIe siècle); pas de clé. Dans le mur oriental, à gauche de la fenêtre, armoire à accolade, timbrée d'un blason gravé des lettres Z I D; à l'Ouest, jolie crédence à accolade.
Le portail occidental, de type flamboyant, est circonscrit par une voussure torique redressée en accolade aiguë, et inscrite dans un tympan nu, en plein cintre. Une baie moulurée de même style ajoure le mur Sud de la nef. Le clocher, de plan barlong, s'élève sur deux étages, éclairés, le premier, par deux baies jumelles (sauf à l'Ouest), dont les cintres légèrement brisés retombent sur deux colonnettes; à l'étage du beffroi, par quatre baies jumelles en plein cintre dont les retombées médianes s'opèrent également sur deux colonnettes. On remarque un chapiteau cubique à la face occidentale du clocher, coiffé d'une toiture moderne à quatre pans.

• MOBILIER Groupe sculpté de Notre-Dame de Pitié : Belle œuvre de la fin du Moyen Age 1520. Inscrite dans un triangle aigu qui accuse les verticales, elle présente le Christ mort (malheureusement mutilé de la tête et de tout le bas du corps), affaissé sur les genoux de Sa mère, qui plie le genou sous le poids. L'expression douloureuse est sobrement rendue par la moue des lèvres, sous le nez très allongé. Draperie riche et contrastée, rectiligne au côté droit de la Vierge Marie, ordonnée, à gauche, en plis épais et tumultueux, mais sans cassures excessives.

Fonts baptismaux
: Epoque : gothique Sur un emmarchement semi-circulaire de deux degrés est posée la cuve octogonale, dont la partie inférieure se rétrécit, puis s'évase de nouveau, flanquée sur un de ses pans par un saillant polygonal et mouluré qui n'est autre que le bassin d'écoulement de l'eau baptismale.