Le festival musique en voûtes a fermé ses portes

Envoûtant ! et En soleil !

 C’est une belle journée qui s’annonce et dès 13h 30 les automobilistes se pressent en direction du château de Marigny tout là haut sur son piton.
M et Mme Jean et Pat  Cornillon, étaient heureux de partager ce magnifique lieu chargé d’histoire. Plus de 120 visiteurs pour admirer le vieux donjon du XIIe, ses façades et ses voûtes, le logis seigneurial et sa galerie, les vestiges de la coursive flanquée de ses tours de défense équipées d’archères canonnières, ses aménagements successifs et les remaniements du XIXe. Tout un ensemble baigné de l’histoire bourguignonne, parfaitement restauré par nos hôtes.

Merci à Jean et Pat pour leur accueil simple, chaleureux qui a ravi chaque visiteur

  

 

15h 30 : Il a fallu redescendre au bourg pour le premier concert donné par le quatuor Emaguipau. Trois jeunes violons dont un alto, une jeune  violoncelliste, ont conquis le public par leur maîtrise et leur dynamisme. Emaguipau, jeunes talents, un groupe formé pour ce festival. EM comme Emile Delange au premier violon, MA comme Marguerite Dehors au deuxième violon, GUI comme Guillaume Flores à l’Alto et PAU comme Pauline Ngolo au violoncelle. Un bel avenir s’ouvre à ces jeunes artistes qui feront aussi découvrir la musique de chambre aux écoliers de St Eusèbe dans le cadre de ce festival.

   

16h30 : L’église de Marigny n’a conservé de l’époque romane que le transept et le clocher. L’homme roman a construit cette modeste église au XIIe siècle en utilisant des connaissances dont la résonance symbolique est surprenante. Le gothique y a fait rentrer la lumière au XVIe. Pendant l’heure disponible, on a pu essayer de retrouver dans les lignes de la construction les techniques des bâtisseurs et replonger dans la pensée médiévale avant de s’installer pour le grand concert de clôture du festival.

   

18h : Pour ce grand concert de clôture le quatuor MANFRED avait invité Salomé HALLER, soprano (victoire de la musique classique 2003), autour de Joseph Haydn, clef de voûte de l’édition 2018 du festival, Robert Schumann et Frantz Schubert.
L’église de Marigny, comble, a pu savourer ce moment exceptionnel. Emmanuel Haratyk, dans son petit mot d’accueil a eu une pensée pour Jacqueline Ackermann qui a accueilli  11 éditions de Musiques en voûtes à l’église de Gourdon. Et puis Et puis … Ecoutez plutôt

 
2h de ravissement:
-         Haydn, Lieder extraits des English Canzonettas (Le voyageur, Jamais elle n’avoua son amour, Désespoir ….)
-         Schubert : Im Abendrot (Au couchant, Le voyageur, Litanie pour la fête de tous les saints, La jeune fille et la mort, Au printemps)…

Oh, si j’étais un oiselet, là bas, sur la prairie,
au flanc de la colline, je resterais ici sur cette branche,
et chanterais un chant qui me parlerait d’elle,
un doux chant pendant tout l’été.

-         Schumann, transcrit par Emmanuel Haratyk, violon alto du Quatuor : Adieu la France, Après la naissance de son fils, Adieu au monde.
      Poète de la nuit, corps éprouvé par une affection mentale, Schumann livre sa tourmente dans les univers du Lied et c’est dans la musique de chambre qu’il s’épanche avec le plus de profondeur.

…Je viens vers toi, entends ma plainte,
à genoux dans la poussière,
exauce celle qui t’implore et délivre moi...
Monde de beauté où es-tu ?
Reviens doux âge d’or de la nature !
Monde de beauté où es-tu ?

-         Haydn: Un Quatuor à corde opus 20 n°6 en La majeur, élégant, brillant, optimiste.

J’observe tes yeux éloquents
et vois chaque larme qui coule,
je capture au passage tes soupirs,
avant qu’ils ne se perdent dans les airs.
Ecoute ! Ecoute ce que j’ai à te dire ! ...

Merci à Salomé Haller (victoire de la musique classique 2003) pour avoir enchanté notre petit village, Merci au quatuor, Marie Béreau et Luigi Vecchioni au violon, Emmanuel Haratyk à l’Alto et Christian Wolff au violoncelle pour cette soirée Festivalière sous Haydn, à qui nous laisserons le mot de la fin :

Ma musique, c’est « pour que l’homme fatigué, épuisé ou accablé par ses affaires puisse profiter de quelques moments de consolation et de délassement »

Au revoir