commémoration de l'armistice

A 9 h le défilé a commencé sous le soleil.

La lecture du message présidentiel a été faite par Mme le maire:

Puis les participants ont pu écouter l'histoire de chacun des Morts pour la France :

Le 2 août 1914 la mobilisation générale est affichée sur le tableau de la mairie: officiellement mobilisation des armées de terre et de mer, ainsi que la réquisition des animaux voitures et harnais nécessaires au complément de ces armées. A cette époque, Marigny compte 300 habitants répartis sur 60 foyers environ.Les hommes abandonnent leurs affaires, leurs épouses, leurs enfants et vont rejoindre, en train, les unités de combat: jeunes et réservistes montent «en ligne».  La plupart ont déjà effectué 3 ans de service militaire. Le plus âgé a 38 ans, le plus jeune 20 ans.
Trois mois plus tard, 4 d’entre eux ne reviendront pas. Ce sont Jean Rochette qui vient juste de finir son SM à 23 ans et qui est blessé mortellement par un éclat d’obus sous les bombardements intensifs de Bislée dans la Meuse, le 22 octobre 1914. Philibert Cottard, meurt  aussi à Bislée, 2 jours plus tard. Il a 32 ans. Philibert et Jean unis dans un même destin.
Le 11 novembre, devant Dunkerque, à 37 ans, Claude Plantin est gravement blessé en attaquant le moulin de Spanbrock, le 3 décembre, Philibert Duverne meurt à 37 ans à l’hôpital de Bar le duc de la typhoïde. L’hiver est rude, les soldats meurent aussi de maladie.
1915 : Au printemps, le 20 mars 1915, Louis Duverne, son cadet (22 ans), meurt à l’hôpital de Commercy du typhus ou de dysenterie. Cette année 1915 voit également les disparitions de Mathieu Marillonnet, 28 ans. Il est tué le 5 avril, avec ses 6222 camarades à la bataille du Bois d’Ailly (Meuse). Jacques André, 25 ans, le 20 avril à Sillaker-Wasen (près de Corcieux dans les Vosges) et Antoine Repy, qui après avoir perdu un doigt est remonté au front, le 16 octobre est blessé à la tête. Après 8 km à pieds, il réussit à rejoindre l’hôpital de campagne de St Remy sous Bussy (Marne) pour y mourir après 9 jours d’agonie le 25 à 27 ans.
1916, troisième année de guerre, Verdun. Etienne Gabon, 28 ans, chasseur à pied, est porté disparu comme 444 de ses copains sous les bombardements du 9 mars. Il est inhumé à Douaumont et le 10 novembre, toujours à Douaumont, le zouave Claude Lagoutte, est tué. Il a 22 ans.

 10 décès qui ont été annoncés aux familles par François Lagrange, meunier aux Chaumeaux, maire de Marigny « avec tous les ménagements nécessaires dans la circonstance ».selon la formule consacrée. François Lagrange décède en décembre 1916. Il est remplacé dans sa triste mission par Philibert Lauprêtre son adjoint. Comme dans tous les autres villages, les réquisitions vont bon train à Marigny, chevaux, fourrage, cochons, vaches, farine … Un lourd effort de guerre assumé à l’arrière, souvent par les femmes restées à la ferme.

1917 : Après avoir combattu dans les Vosges, l’Artois, la Somme, après avoir entendu siffler les bombes à ailettes et avoir été gazé à Guerbigny, François Pernette, 28 ans, meurt le 8 avril 1917, emporté par la tuberculose. Le 16 avril, ce sont François Forest et Etienne Tramois, 22 ans tous les deux, qui sont tués au chemin des dames. François était en première ligne avec les tirailleurs sénégalais, Etienne, dans une troupe d’élite. Il est inhumé au bois de Chauffour  (Marne).
Le 28 mai, c’est au tour d’Emiland Derain. Il avait 39 ans et était infirmier militaire au secours des soldats, sur le front pendant 3 ans.
1918, il y a cent ans, François Desvaux est tué à Loere le 20 mai 1918, sur le front Belge. Incorporé en 1915, il avait 23 ans, était sous lieutenant dans les chasseurs à pied. Il est mort en héros en essayant de localiser une mitraillette ennemie qui décimait ses hommes. Il a été décoré de la croix de guerre. Près de Baigny, au milieu d’un champ, une croix le rappelle à notre souvenir. Elle est visible quand vous roulez sur la route en direction du Puley.
François Lauprêtre, a 19 ans quand il est incorporé en avril 1918. 3 mois plus tard, il est mort, probablement de la grippe espagnole comme 12 000 de ses camarades.

11 novembre 1918, fin de la guerre, Barbara sonne à toute volée dans le village.

François Perrault du 27 ème  Régiment d’infanterie, compagnie hors rang, meurt le 22 décembre à l’hôpital de campagne de St Quentin dans l’Aisne. Il ne rentrera pas à Marigny.
Parmi ceux qui ont pu rentrer, des blessés, des gueules cassées.
Jean Berthelon, invalide du bras gauche depuis le 20 novembre 1916, Catherin Duplessis avec la mâchoire emportée, Philibert Drouin avec une blessure à l’abdomen depuis le 2 juillet 1915, Nicolas Forest la main paralysée, Jean Marie Pernette mutilé et tuberculeux et Jacques Repy handicapé de l’épaule gauche.
Pour terminer, j’aimerais associer à cet hommage, ceux qui sont revenus et qui ont dû affronter la dure réalité de l’arrière. Ils y retrouvent Marigny à genoux avec ses 40 familles déclarées nécessiteuses  par l’Etat français.
Certains parleront de patrie, de bravoure, d’autres se révolteront. Revenus de cette tourmente tous proclameront «Plus jamais ça»…
Et puis et puis on gravera la mémoire dans la pierre des monuments. Permettez moi, aujourd’hui, pour conclure, de terminer sur la citation inscrite, par la volonté des poilus, sur le monument de Dardilly dans le Rhône. Il y est gravé :

"Contre la guerre, à ses victimes, à la fraternité des peuples".
"Que l'avenir console la douleur
".

Les cérémonies commémoratives se sont poursuivies aux Bizots et à Marigny